- Par : Lilirose Bouchard
- Date : 24 avril 2025
Sur les réseaux sociaux, une simple recommandation peut suffire à faire exploser les ventes d’une entreprise. Derrière ce phénomène se cache le marketing d’influence qui s’impose aujourd’hui comme une stratégie incontournable dans le monde de la publicité.
Depuis plusieurs années, le phénomène du marketing d’influence ne cesse de prendre de l’ampleur. Ayant fait son entrée au Québec dans les années 2000, cette nouvelle stratégie publicitaire a gagné en popularité vers 2010 (Desgagné, 2025). De nos jours, le marketing d’influence redéfinit les codes de la publicité.
Qu’est-ce qu’un influenceur ou une influenceuse ?
Un influenceur est défini comme une personne étant très active sur les réseaux sociaux, qui en produisant régulièrement du contenu, se construit une communauté fidèle et occupe une position de leader sur ses plateformes (Ouahi et Melghagh, 2020). Il existe plusieurs types d’influenceurs.
Premièrement, les macros-influenceurs (ou célébrités), souvent issues du milieu du divertissement, bénéficient d’une grande notoriété avec des communautés de plus de 250 000 abonnés. Ils permettent aux marques d’accroître leur visibilité, mais le sentiment de proximité avec les abonnés est diminué à cause de la grandeur de leur audience. On peut penser à Math Duff ou Alicia Moffet, par exemple.
Deuxièmement, il y a les influenceurs intermédiaires qui ont des communautés entre 50 000 et 250 000 abonnés, notamment Aly Brassard et Cindy Cournoyer. Ces créatrices de contenu ont une forte influence sur leur audience, car elles partagent des contenus sur des thématiques précises et font des collaborations avec des marques à l’échelle nationale tout en gardant une proximité avec leur public.
Troisièmement, les micros-influenceurs, ayant entre 10 000 et 50 000 abonnés, tels que Danovick Pitre et Samantha Leclerc, se distinguent par un fort taux d’engagement et par la relation de proximité qu’ils entretiennent avec leur audience. Ils montrent entre autres leur quotidien et des recommandations de leurs endroits préférés.
Finalement, il y a les nano-influenceurs avec de très petites des communautés. Ce sont souvent des personnalités locales qui entretiennent des relations plus intimes avec leur public, par exemple Mic Dufour, une jeune influenceuse québécoise (Desgagné, 2025).
Le marketing d’influence
Tout comme la publicité traditionnelle, le marketing d’influence constitue en une stratégie de persuasion visant les consommateurs et consommatrices. Elle consiste en ce que les marques récompensent des créateurs de contenus afin qu’ils recommandent leur produit ou leur entreprise. Les influenceurs sont principalement mobilisés pour susciter l’intérêt des consommateurs envers la marque, sans forcément provoquer l’achat d’un produit spécifique (Ambroise et al., 2026). D’ailleurs, après avoir interrogé Florence, une étudiante en communication à l’UdeS, lors d’un vox pop, celle-ci m’a confirmé faire plus confiance aux influenceurs qu’à la publicité traditionnelle :
Pourquoi les marques font-elles des collaborations?
Souvent, le défi des marques est d’établir un lien de confiance avec le public. En utilisant la visibilité des influenceurs, elles bénéficient de la crédibilité qu’ils ont déjà établie auprès leur communauté. Ces créateurs sont déjà en mesure d’orienter les comportements d’achat de leur audience grâce à leur influence et de la relation de confiance qu’ils entretiennent avec elle (Ouahi et Melghagh, 2020). D’ailleurs, il existe des agences spécialisées, comme Clark Influence, avec lesquelles les marques peuvent collaborer afin de trouver des influenceurs pertinents et mettre en place des campagnes publicitaires adaptées. Lorsque j’ai demandé à Charlie, une étudiante en éducation spécialisée, si un influenceur ou une influenceuse lui avait déjà donné envie d’acheter un produit, sa réponse était la suivante :
D’ailleurs, les formats publicitaires traditionnels comme la télévision ou la radio ne suffisent plus. Les consommateurs évitent de plus en plus ce genre de publicité en raison de leur abondance et leur contenu moins authentique (Meurice, 2020). De plus, après avoir interrogé à Laurie, une étudiante en relations internationales à l’Université Bishop’s, si elle faisait plus confiance aux publicités classiques ou aux influenceurs, voici ce qu’elle m’a partagé :
Lors de la réalisation de mon vox pop, Zack, étudiant en fiscalité à l’UdeS, m’a souligné qu’il croyait que les marques faisaient plus appel aux influenceurs qu’aux médias classiques, car présentement la majorité de la population consomme du contenu sur Instagram, Facebook et TikTok plutôt que sur des chaînes télévisées comme LCN.
Bref, les entreprises instaurent donc des collaborations avec des influenceurs afin qu’ils présentent leur marque sur les réseaux sociaux. Ces derniers connaissent les tendances et les codes à respecter sur ces plateformes ce qui leur permet de rejoindre l’audience efficacement (Azzouzi et Melghagh, 2025).
Avantages du marketing d’influence
- Le message se rend beaucoup plus rapidement que la publicité classique : les influenceurs peuvent partager du contenu à tout moment.
- Le coût est plus faible que la publicité traditionnelle : les entreprises peuvent rejoindre plus de personnes avec un plus petit budget, car les dépenses sont diminuées (Meurice, 2020)
Désavantages du marketing d’influence
- La marque confie sa réputation à l’influenceur : si celui-ci a des comportements nuisibles, ceci peut être néfaste pour l’entreprise.
- Certains consommateurs considèrent que l’influenceur est simplement rémunéré pour parler d’un produit, au même titre que dans une publicité classique (Meurice, 2020).
En conclusion, le marketing d’influence s’impose aujourd’hui comme une stratégie incontournable dans le monde de la publicité. Malgré certains désavantages, elle demeure une méthode efficace pour rejoindre le public. Reste à voir si d’autres formes de publicité, comme celles basées sur l’intelligence artificielle, pourraient surpasser cette stratégie d’influence.
- Ambroise, L., Fleck, N., Gyrd-Jones, R. et Heeris-Christensen, A-B. (2026). Revisiter le marketing d’influence : analyses et réflexions critiques sur son efficacité et son impact sociétal. Recherche et Applications en Marketing. p.1. https://www.afm-marketing.org/media/Revues-de-lafm/CFP%20RAM%20Num%C3%A9ro%20sp%C3%A9cial%202026%20Marketing%20d’influence.pdf
- Azzouzi, M. et Melghagh, M. (2025). Quand les marques s’associent aux influenceurs : étude exploratoire des attitudes des abonnés envers leurs partenariats. African Scientific Journal, volume 3(28), 579. https://www.afrsj.com/index.php/AfricanScientificJournal/article/view/1057/963
- Desgagné, É. (2025, 29 avril). Nano, micro, macro : à chacun son influence. Grenier aux nouvelles. https://www.grenier.qc.ca/actualites/47691/nano-micro-macro-a-chacun-son-influence
- Meurice, A. (2020). Quels sont les critères et mesures de performance du marketing d’influence ? Comparaison des communautés vlogs & blogs. Louvain School of Management. https://thesis.dial.uclouvain.be/server/api/core/bitstreams/9494c08c-dff3-4882-9486-0c8ca744ca02/content
- Ouahi, L. et Melghagh, M. (2020). Étude empirique sur le rôle des influenceurs digitaux dans la stratégie marketing digitale. Revue Internationale des Sciences de Gestion, volume 3 (4), 199-218. https://revue-isg.com/index.php/home/article/view/397

