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Campagne de financement annuelle du CSI

Les organisations, nouvelles sources de dons

  • Par : Marie-Alix Corbisier, Flore De Ro, Cassidy Genonceaux et Lisa Kozielski
  • Date : 20 avril 2024
  • Cycle : 2e
  • Cours : COM808 Communication stratégique internationale

Introduction

Dans le cadre de notre cours de communication stratégique internationale, un mandat nous a été confié par le Carrefour de Solidarité Internationale (CSI). Le CSI est une organisation non gouvernementale basée au Québec, qui rassemble des acteurs et des partenaires de l’Estrie et d’outremer pour mener des actions de solidarité internationale et d’éducation à la citoyenneté mondiale. En adoptant une approche inclusive, le CSI s’investit en faveur de l’égalité, de la justice sociale et de l’environnement, tant localement qu’à l’échelle mondiale (CSI, 2024).

Le CSI a été créé en 1976 et a développé ses propres projets dès 1990. De plus, afin de ne plus être dépendant financièrement, l’organisation a créé en 2012 la fondation du CSI qui lui fournit les fonds nécessaires à ses activités. En 2015, le CSI établit une co-gestion de l’organisation dans laquelle ils favorisent une gestion horizontale où les sept membres permanents sont égalitaires (CSI, 2024). Cela signifie qu’ils ont des responsabilités égales et partagent le pouvoir de décision de manière équitable.

En ce qui concerne notre travail, notre objectif est de créer une stratégie de communication innovante pour aider le CSI à récolter plus de dons dans le cadre de sa campagne de financement annuelle.

Dans ce document, nous allons vous présenter les différents outils stratégiques que nous avons développés. Tout d’abord, nous expliquerons qui est le CSI, ce qu’il fait, et les enjeux internationaux auxquels il doit faire face. Ensuite, nous vous dévoilerons notre stratégie globale, qui se concentre sur les entreprises et leurs employés. Nous développerons également les outils de communication que nous souhaitons utiliser, tels que les mèmes, les vidéos, et les histoires. Enfin, nous terminerons par une analyse réflexive sur un enjeu stratégique que le CSI doit prendre en compte dans sa communication.

Problématique

Le Carrefour de Solidarité Internationale a donc fait appel à nous afin de les aider à développer leur campagne de financement annuelle. Cet organisme de coopération internationale agit dans des projets solidaires à long terme visant à réduire les inégalités sociales entre les pays du Nord et du Sud. Il s’agit donc bien d’une solidarité internationale et non d’une aide humanitaire. Cette dernière intervient en cas de crise sanitaire, alimentaire ou de catastrophe naturelle, nécessitant une assistance immédiate à une population donnée.

Le CSI « mobilise des acteurs et partenaires de l’Estrie et d’outremer dans des actions de solidarité internationale et d’éducation à la citoyenneté mondiale. Par son approche inclusive, le CSI s’engage pour l’égalité, la justice sociale et l’environnement, ici comme ailleurs. » À travers cette mission, le CSI véhicule quatre valeurs : la solidarité, le partenariat et la coopération, la justice sociale, la démocratie te participation citoyenne (CSI, 2024).

Il opère dans trois secteurs d’activités : l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM), les stages, et les projets internationaux (POM). Le premier domaine vise principalement les adolescents de treize à dix-sept ans, en proposant diverses activités telles que des ateliers sur le commerce équitable, des programmes jeunesse, ainsi qu’une simulation de l’Assemblée générale des Nations unies. Quant au volet des stages, il offre des opportunités de volontariat à l’étranger, des stages plus institutionnels, ou des missions internes au sein du CSI. Enfin, le domaine qui retient le plus notre attention pour ce mandat concerne les projets internationaux de développement auprès des communautés affectées par l’inégalité et la pauvreté. Le CSI est notamment actif au Mali, au Pérou, au Nicaragua et en Haïti (CSI, 2024).

Au Mali, le CSI travaille avec l’association Kilabo depuis 1990 (CSI, 2024). Le but de ce partenariat est d’améliorer la qualité de vie des familles paysannes grâce à deux projets. Le premier, « Djonkoli kènè », promeut l’entrepreneuriat comme solution pour permettre aux femmes et aux jeunes de subvenir à leurs besoins fondamentaux. En effet, le Mali subit une crise multidimensionnelle qui empêche la population à répondre à ses besoins essentiels et avoir un niveau de vie suffisant. Les femmes et les jeunes sont les plus touchés par cette crise. Le deuxième projet intitulé « Janto Sigida La » concerne la sécurité 3alimentaire au Mali. Le but est d’intégrer des pratiques agroforestières durables afin de créer un avenir plus vert et nourrissant pour les communautés rurales locales (CSI, 2024).

Depuis 1993, le CSI travaille également avec l’organisme « Ayni Desarrollo ». Cette organisation est basée à Lima et œuvre dans le développement des communautés rurales et urbaines de la province de La Convencion (Cusco) et du district de Comas (Lima). Le but de cette collaboration avec le CSI est de lutter pour une plus grande égalité des genres au Pérou. Les deux organismes travaillent donc notamment en santé et services sociaux, en économie sociale ainsi qu’en défense et promotion du droit des femmes (CSI, 2024).

Ces mêmes enjeux sont également au cœur de la collaboration entre le CSI et l’organisme INPRHU-Somoto opérant au Nicaragua. Ils se concentrent aussi sur les problèmes environnementaux que peut rencontrer la population. En effet, il faut aider les paysans à travailler de façon bio-intensive dans un pays qui fait face à de nombreux défis tels que la déforestation, les changements climatiques, l’érosion côtière et la perte de biodiversité (CSI, 2024). Il s’agit donc d’adapter les actions et modes de vie en réponse aux changements climatiques dans ces régions.

Enfin, en Haïti, c’est avec l’IRATAM que le CSI travaille depuis 2011. Ils viennent en aide aux coopérations agricoles. Le but est de favoriser une approche durable durant la production, la conservation, la transformation et la commercialisation de leurs aliments, tout en étant adapté aux besoins et aux réalités subies par la population du Nord-Est d’Haïti (CSI, 2024). Ils développent également, grâce au projet « JADEN NOU SE VANT NOU » qui signifie « notre jardin, notre sécurité alimentaire », de nouvelles méthodes agricoles plus résistantes aux changements climatiques. En effet, la région fait face à un réel enjeu territorial, car c’est un paysage montagneux victime de glissements de terrain entrainant la destruction des champs (CSI, 2024).

Axes stratégiques de communication

Pour ce mandat, nous avons décidé d’axer notre stratégie globale autour de deux cibles interdépendantes : les entreprises et leurs employés. D’ailleurs, par l’utilisation du terme « entreprise », nous sous-entendons les entreprises privées et publiques. De même, nous n’excluons aucunement les fondations, les associations ou tout autre organisme humanitaire.

Cette double perspective a l’avantage de répondre à plusieurs objectifs énoncés par le Carrefour de Solidarité Internationale lors de notre première rencontre. (Faure-Brac et Laganière-Bolduc, 2024) Il est donc question (1) d’élaborer des partenariats sur le long terme (2) de décrocher des financements et (3) de faire en sorte que l’organisme se fasse davantage connaitre.

En visant les entreprises implantées en Estrie et à Montréal, le CSI se donne la possibilité de diversifier ses revenus pour ne plus dépendre entièrement de dons incertains de particuliers ou de subventions tardives du gouvernement. Une initiative qui lui assure donc une stabilité financière, une liberté et une réactivité plus importante en cas de besoin. (Le Coconnier et Pommier, 2017)

Également, aujourd’hui, les entreprises cherchent de plus en plus à s’associer à des organisations comme le CSI dans le but de rendre leur image plus attirante et ainsi espérer faire la différence face à leurs concurrents. « […] cette bonne conscience, ce “supplément d’âme” permettant de renforcer leur “démarche citoyenne” auprès de leurs clients aussi bien que de leurs salariés et de leurs actionnaires. » (Le Coconnier et Pommier, 2017) Un phénomène qui s’inscrit également dans « des politiques de développement durable autour de la protection de l’environnement ou de la responsabilité sociale. » (Le Coconnier et Pommier, 2017)

Ainsi, il existe diverses possibilités de partenariats. Cela peut aller « de l’opération commerciale ponctuelle à la coopération poussée » et « il peut s’agir de partenariats de type a priori non commercial (mécénat) ou de partenariats de type commercial (sponsoring/parrainage). » (Birambeau et Larceneux, 2021, p.133) Une diversité qui laisse au CSI le choix d’envisager les ententes les plus adaptées selon leurs besoins et leurs valeurs.

De plus, un autre élément à prendre en compte concernant les entreprises concerne les avantages fiscaux qu’elles obtiennent en effectuant des dons. En effet, « un don est admissible en déduction dans le calcul du revenu imposable d’une société lorsqu’il est fait en faveur d’un donataire reconnu. » (QC, 2024) Or, c’est le cas du CSI. Cela lui procure donc un certain avantage et lui permet d’attiser l’intérêt des entreprises pour de possibles collaborations.

En ce qui concerne le facteur « employés », celui-ci vient surtout répondre au besoin du CSI de se faire connaitre pour gagner en visibilité et espérer développer ses projets grâce au soutien financier (ou moral) de la population québécoise.

En effet, l’environnement professionnel est, aujourd’hui, un bon moyen pour toucher une majorité de personnes susceptibles de soutenir une cause dans laquelle son entreprise s’est elle-même engagée. Que ce soit pour une question d’appartenance, une question de valeur ou une motivation personnelle, l’existence même d’un partenariat entre son employeur et le CSI peut influencer le salarié dans sa prise de connaissance et dans son implication pour l’organisme sans but lucratif (OSBL).

Enfin, au vu du contexte économique actuel, force est de constater qu’il est difficile de trouver, dans une population jeune (entre 18 et 30 ans), de potentiels donateurs. Entre le coût de la vie en perpétuelle augmentation et le coût des études, nombreux sont les jeunes adultes (majoritairement encore des étudiants) qui s’endettent et/ou qui ont du mal à joindre les deux bouts. Comme le dit si bien Dequiré (2007) : « Même si les conditions de vie des étudiants paraissent dans la majorité des cas acceptables, beaucoup d’étudiants se trouvent dans des situations de précarité. » C’est pourquoi, en visant des salariés à la situation financière relativement stable, nous espérons avoir davantage de chance de les convaincre de soutenir le CSI dans ses actions.

Outils de communication stratégique

Les mèmes

  • Mème no 1 : Faire un don au CSI en 3 étapes

La réussite d’un mème est liée à « leur capacité relativement inédite à combiner transmission virale extrême et mécanismes à la fois discursifs, et graphiques » (Wagener, 2021). Une partie importante d’un mème est sa capacité à être virale. Girard décrit la viralité d’un même comme « circulant de manière incontrôlée et ultimement incontrôlable, et ce, par l’intermédiaire d’une « contamination » qui sous-entend le contact continu entre internautes » (p.23, 2021). Le mème que nous avons sélectionné est fort connu par une majorité de personnes et différentes versions ont déjà été observées sur les réseaux sociaux, c’est pourquoi sa capacité à devenir viral nous semble élevée. 

Ce mème fait passer le lecteur par trois étapes : découvrir, apprendre et comprendre. La première étape est présente pour en apprendre plus sur le CSI et résumer de manière très simple ce que c’est. La deuxième étape, quant à elle, aborde directement un projet auquel participe le CSI en décrivant son but. Dans ce mème, nous abordons le projet « DJONKOLI KÈNÈ » qui a lieu au Mali. Pour finir, la dernière étape invite le lecteur à faire un don. En effet, une fois que le potentiel donateur a découvert et appris ce qu’était le CSI et ses actions, il peut faire un don en connaissance de cause et de manière simple et rapide. 

  • Mème no 2 : La fierté d’un don pour un avenir durable

Un mème se doit de faire partie intégrante de la culture populaire (Girard, 2021, p.22). C’est pourquoi nous avons opté pour cette image-macro qui représente Barack Obama, une personnalité connue d’un grand nombre. 

Ce mème a pour objectif de souligner le sentiment de fierté et d’appartenance que peut tirer un donateur lorsqu’il investit dans un projet qui vise à aider autrui. Ce « bienfaiteur se sent valorisé par son acte altruiste » (Lallier, 2007, p.92). Une valorisation représentée ici par l’acte d’Obama à se récompenser soi-même d’une médaille. Mais plus que ça encore, l’acte de donner « c’est aussi témoigner symboliquement […] de son appartenance à un collectif. » (Dessinges, 2008, p.309) Ici, ce collectif s’apparente aux contributeurs du Carrefour de Solidarité Internationale. 

Concernant le projet en lui-même, nous avons donc abordé l’un de ceux que mène le CSI en Haïti. Cela permet de donner un infime aperçu de ce que fera l’organisation avec les dons reçus. La mise en avant d’un projet concret vise aussi à attiser la curiosité de l’internaute qui ne peut pas bien évidemment comprendre tout un partenariat de solidarité internationale un seul mème. Cela l’invite donc à aller se renseigner à propos du CSI sur son site web ou ses médias sociaux. 

Storytelling

  • Storytelling no 1 : Engagement au Pérou : le voyage de Charlène avec le CSI

Nous avons rédigé notre premier storytelling dans un but plutôt informatif. Il s’agit du témoignage de Charlène, une étudiante en maitrise qui a eu l’occasion de réaliser un stage avec le CSI. Tout au long de l’histoire, elle va nous raconter ses activités, son ressenti et ce qu’elle a appris. En effet, il nous semble important que les futurs donateurs en sachent un peu plus sur les projets du CSI et comment les dons sont mis à profit. 

Voici notre premier storytelling

Aujourd’hui, nous allons nous plonger dans l’expérience de Charlène, une étudiante en développement international à l’université d’Ottawa. Au sein du partenariat entre le Carrefour de solidarité internationale (CSI) de Sherbrooke et l’ONG “Ayni Desarrollo” au Pérou, elle a eu l’opportunité de réaliser un stage de trois mois à Quillabamba dans la province de la Convención (Pérou). Le CSI se décrit comme ONG québécoise qui « mobilise des acteurs et partenaires de l’Estrie et d’outremer dans des actions de solidarité internationale et d’éducation à la citoyenneté mondiale. Par son approche inclusive, le CSI s’engage pour l’égalité, la justice sociale et l’environnement, ici comme ailleurs » (2024). 

En tant que bénévole, elle a participé au projet « saber es poder (savoir c’est pouvoir) ! : l’éducation sexuelle pour l’égalité des genres », concentré sur la prévention des grossesses chez les adolescentes, de la violence de genre et du VIH/SIDA. Cette expérience lui a apporté des compétences pertinentes pour son futur métier et lui a permis de comprendre le fonctionnement d’une ONG ainsi que l’importance de l’adaptation aux contextes locaux. L’immersion chez une famille péruvienne a enrichi son expérience, lui offrant une compréhension plus profonde de la culture locale et renforçant ses liens avec la communauté. 

Elle nous a partagé trois compétences qu’elle a acquises en participant à ce beau projet : l’autonomie et la résilience, l’engagement citoyen et la collaboration. Nous mettrons un accent particulier sur l’engagement citoyen. Cette compétence lui permit d’être davantage informée sur trois enjeux spécifiques à la province de la Convención (Pérou). D’abord, pour aborder la question de la prévention des grossesses chez les adolescentes, elle a organisé des foires visant à sensibiliser et informer les élèves. Ensuite, étant donné le niveau élevé de violence sexuelle dans cette province, Charlène a eu l’occasion d’éduquer et de sensibiliser la population locale à ce problème. De plus, elle a pu fournir à la population les ressources nécessaires et les démarches à suivre en cas de violence, autant au niveau urbain que rural. Enfin, elle a eu la chance de s’impliquer dans le cadre de la journée mondiale de la lutte contre le VIH/SIDA en réalisant deux émissions radio de 30 minutes. La première émission a été consacrée à démystifier les mythes et réalités entourant la maladie, tandis que la deuxième émission a pris la forme d’une entrevue avec un professionnel de la santé. 

Charlène a particulièrement été marquée par l’impact direct du travail qu’accomplissait le CSI. Elle a été impressionnée par l’enthousiasme des Péruviens pour les sujets abordant l’éducation sexuelle. La mise à disposition de contraceptifs gratuits par l’État a eu un impact significatif sur la vie des personnes concernées (Center for reproductive rights, 2023), et l’aide apportée dans les procédures judiciaires liées à l’avortement thérapeutique pour les mineures a souligné l’importance du travail de l’ONG dans la région (CSI, 2024). 

Tout ce que Charlène, partie avec le CSI, a pu accomplir lors de son séjour au Pérou est en partie possible grâce à vous et à vos dons. Peu importe la somme, chaque participation a son importance pour aider les différents projets mis en place par le CSI. 

  • Storytelling no 2 : L’éveilleras de la solidarité

Notre deuxième storytelling est une histoire fictive mettant en scène Maxime, PDG d’une industrie bancaire durable à Montréal. Cette histoire présente les valeurs et actions outre-mer du Carrefour de Solidarité International, tout en se concentrant sur un projet en particulier qui touche personnellement Maxime. Dans l’ensemble, ce second storytelling est donc étroitement lié à notre stratégie de viser les organisations et leurs employés. 

Voici notre deuxième storytelling

Comme tous les matins, Maxime, PDG d’une institution bancaire durable à Montréal, se rend au travail. Ses journées sont remplies de réunions, de signatures et de transactions financières. Iel adore son travail par-dessus tout et est très fier.e du chemin parcouru pour en arriver à monter sa propre entreprise, mais iel ressent tout de même un vide au fond de soi, un sentiment d’incomplétude malgré toutes ses réussites professionnelles. C’est un sentiment que beaucoup de ses employé.e.s et collaborateur.rice.s partagent également, mais iels ne savent pas comment combler ce vide. 

Ce matin-là, une belle première journée de printemps s’annonce. Maxime décide exceptionnellement de marcher pour aller travailler afin de profiter des premiers rayons de soleil. Cela lui permet aussi d’éviter l’agitation des transports en commun de Montréal qu’iel n’apprécie pas particulièrement. En cette belle matinée ensoleillée donc, iel rencontre sur son chemin un groupe de bénévoles d’un organisme appelé le Carrefour de Solidarité Internationale (CSI). Iels sont en train de distribuer des tracts afin de sensibiliser les passant.e.s aux enjeux d’inégalités et de pauvreté. Beaucoup de personnes, pressé.e.s de commencer leur journée, passent à côté des bénévoles sans même leur jeter un regard. Maxime est intrigué.e et décide de les approcher afin d’en apprendre plus sur les actions qu’entreprend le CSI. 

Les bénévoles expliquent à Maxime que le CSI vise à combattre toute forme d’inégalité et d’injustice dans les pays du Sud tels que le Mali, le Nicaragua, le Pérou et Haïti. Le CSI lutte aussi contre les causes de la pauvreté, et ne cherche pas juste à soulager temporairement les populations qui en sont victimes. Par exemple, le projet « DJONKOLI KÈNÈ » au Mali promeut l’entreprenariat comme solution auprès des femmes et des jeunes maliens afin de les aider à subvenir à leurs besoins fondamentaux. 

Maxime, curieux.se, veut en savoir plus. Après tout, iel est patron.ne de sa propre entreprise, personne ne lui reprochera d’arriver à 9h10. Les bénévoles du CSI lui exposent alors différents projets sur lesquels iels travaillent en partenariat avec des associations locales dans des pays du Sud. Maxime est notamment touché.e par le projet au Mali étant donnée son attrait pour l’entrepreneuriat. 

Le CSI lui raconte des histoires touchantes de personnes qu’iels ont eu l’occasion d’aider sur le terrain avec l’aide de leur partenaire de longue date, Kilabo. Plus de 2592 personnes ont été accompagnées dans leurs projets d’entrepreneuriat au Mali. Iels partagent également les efforts du CSI pour venir en aide à ces communautés en fournissant un soutien financier, logistique et éducatif. 

Durant cet échange, Maxime prend conscience de l’impact positif que son entreprise pourrait avoir sur le monde tout en complétant le vide qu’iel ressentait. Sa réussite a plus de sens si elle peut être utilisée à bon escient pour aider celles et ceux dans le besoin. Iel décide alors de s’engager activement pour le CSI en faisant de grandes donations grâce aux ressources financières dont dispose sa société. Iel organise aussi des collectes de fonds et sensibilise ses employé.e.s. 

Après quelque temps, Maxime et ses collègues ont découvert qu’en contribuant, même modestement, ils pouvaient réellement changer les choses. Leur engagement en faveur de la solidarité internationale leur apporte une richesse bien plus grande que tout ce qu’ils avaient connu auparavant, car cela les connecte directement à l’impact positif qu’ils ont sur les personnes et les communautés bénéficiaires de leurs dons. 

Avec du recul, Maxime est reconnaissant.e d’avoir choisi de marcher plutôt que de prendre les transports en commun ce matin-là. Sans cette décision, iel n’aurait jamais croisé le chemin du CSI et n’aurait jamais eu l’opportunité de soutenir leur cause. Pourtant, des milliers de personnes dépendent de personnes comme Maxime pour recevoir l’aide dont iels ont tant besoin. 

Vidéo : quatre voix pour une organisation, le CSI

Concernant notre vidéo, nous avons opté pour un angle de type informationnel. Par celle-ci nous avions l’objectif de présenter le Carrefour de solidarité International à notre public cible, soit les entreprises et les salariés. 

Pour sa réalisation, nous avons décidé de mener des entretiens filmés auprès de 4 membres de l’équipe : Rosée Lalonde, Dominique Forget, Rosalie Laganière-Bolduc et Marie-Hélène Lajoie. Ces femmes possèdent toutes des responsabilités en lien avec différents projets ce qui nous a permis d’avoir des témoignages complémentaires vis-à-vis des diverses actions du CSI. De plus, ce format qui donne l’opportunité à certains membres de l’équipe de s’exprimer sur leurs missions nous permet également trois choses : (1) nous assurer de la véracité des faits énoncés concernant l’association, (2) nous permet de donner un aperçu des valeurs et du fonctionnement interne du CSI et (3) de faire appel à l’émotion des spectateurs. 

En effet, pour ce dernier point, par des questions de type « quel est votre plus beau souvenir du CSI ? » ou encore « comment définiriez-vous le CSI en un mot ? » nous souhaitions apporter une dimension personnelle de l’expérience des membres au sein de 13 

l’organisation afin d’attiser l’envie et la compassion des potentiels futurs partenaires ou donateurs à participer à ces projets. 

Enfin, cette vidéo a l’avantage de pouvoir être utilisée dans différents contextes : lors de conférences, lors de premières rencontres avec des entreprises et employés ou encore sur le web, pour en faire une « publicité » de l’organisme. 

Idées supplémentaires

En plus des différents outils demandés, nous souhaitons proposer deux idées supplémentaires qui sont en accord avec les ressources et les valeurs du Carrefour de Solidarité internationale. 

Notre première idée est de participer à une ou plusieurs foires organisées à Montréal. C’est une stratégie simple et rapide à mettre en oeuvre par le CSI. Ces événements dédiés aux entreprises québécoises offrent une plateforme pour le CSI afin de se présenter à un large public varié. Notre objectif est d’accroître la visibilité du CSI et de faire connaître, entre autres, ses actions outre-mer en établissant des liens concrets avec les résidents du Québec. En rencontrant directement des donateurs potentiels lors de ces foires, nous espérons augmenter le nombre de dons au profit du CSI. 

Notre seconde idée requiert un peu plus d’engagement de la part du CSI pour proposer aux entreprises et aux résidents de Sherbrooke et ses alentours la possibilité de découvrir l’organisation à travers une journée porte ouverte. L’idée est d’encourager le CSI à inviter les habitants de Sherbrooke afin de susciter l’intérêt d’un nouveau public. Cette journée serait une occasion de sensibiliser les familles, les entrepreneurs, les employés, et bien d’autres individus aux partenariats du CSI et à son engagement en tant qu’acteur de la solidarité internationale. L’objectif de cette journée est d’informer de manière plus ludique et conviviale le carrefour de solidarité internationale dans son ensemble. 

Analyse réflexive

Cette section met en avant un enjeu de communication quotidien auquel le CSI est confronté. Il s’agit de communiquer de manière adéquate sur leur engagement en faveur de la solidarité internationale, et non de l’aide humanitaire. Ces deux domaines sont en réalité bien distincts. La solidarité internationale implique des partenariats à long terme avec les communautés défavorisées, visant à résoudre les causes de la pauvreté et des inégalités. En revanche, l’aide humanitaire offre un soulagement temporaire aux populations touchées par des injustices. Le CSI, qui s’inscrit dans la première approche, doit donc veiller à ce que le public comprenne la différence entre ces deux concepts souvent confondus dans l’espace public. 

Cet enjeu communicationnel est lié à un enjeu de transmettre la bonne image, du CSI, mais aussi des pays partenaires. En effet, ceux-ci sont souvent dépeints d’une manière assez dégradante dans les médias ce qui leur confère une image « calamiteuse marquée par les conflits, les catastrophes naturelles et les famines » (Dacheux, 1998, p.122). Pourtant, les pays recevant de l’aide aimeraient également avoir « plus de prise sur une image et un discours qui leur ont longtemps échappé » (Mattei et Troit, 2016, p.212). La question de l’image s’établit donc à deux niveaux : à la fois pour l’organisme qui vient en aide, que pour les populations aidées. 

Les organismes d’aide humanitaire, lorsqu’ils communiquent sur les pays du Sud, ont plutôt tendance à maintenir les sociétés du Sud dans un état de dépendance en donnant l’impression qu’elles sont incapables de se développer de manière autonome (Montclos, 2009, p.27). Ils diffusent des images « misant sur l’émotion plutôt que sur l’information » (Dacheux, 1998, p.130). Celles-ci, de plus en plus diffusées, n’ont plus d’effet et n’éveillent pas l’activisme des citoyens (Dacheux, 1998, p.130). D’après Dacheux (1998), il faudrait donc repenser la communication humanitaire pour qu’elle se concentre davantage sur la participation que sur l’émotion. 

La solidarité internationale quant à elle, vise des rapports plus horizontaux. Elle se préoccupe donc de l’image qu’elle renvoie de son organisme, ainsi que celle des pays du Sud. Le CSI doit donc prendre en compte ces éléments afin de ne pas tomber dans une communication émotionnelle utilisée par les organisations humanitaires. 

Ensuite, tout ceci réfère également à des dimensions éthiques qui méritent d’être développées. Lorsque des bénévoles vont sur le terrain, ils arrivent avec leurs visions 15 

occidentales des choses. D’après Matte et Bencherki (2019), il s’agit d’« ethical matters of concern (EMCs) ». Cela regroupe « all values, beliefs, standards, ideals, principles, or any moral preoccupations that guide humanitarian organizations and to which workers are attached » (Matte et Bencherki, 2019, p. 5871). En effet, les travailleurs n’ont pas les mêmes préoccupations éthiques que les populations auxquelles ils viennent en aide. Or, la solidarité internationale est basée sur un modèle de partenariat d’égal à égal. Les deux parties devraient être sur la même longueur d’onde et fournir des efforts constants afin de renforcer un principe éthique, le matérialiser et le rendre pertinent dans chaque situation (Matte et Bencherki, 2019, p. 5883). 

Afin de prendre davantage en compte les principes et valeurs des pays du Sud, les auteurs préconisent le passage d’un paradigme dominant de solidarité Nord-Sud vers une construction d’un réel partenariat (Mattei et Troit, 2016). C’est au coeur de la mission du CSI et des organismes de solidarité internationale. On observe donc une transition de l’aide humanitaire vers un modèle d’aide davantage basé sur le développement durable, qui ne vise plus à « panser les dégâts de toutes les crises » (Favreau et Fréchette, 2019). 

L’idée d’un partenariat d’égal à égal est évidemment bien reçue. Cependant, il ne faut pas négliger l’évidente différence des moyens financiers entre les pays du Nord et ceux du Sud. Cela entraine des déséquilibres entre les contributions et les rétributions attendues par chacun et crée un rapport de patronage en décalage avec l’idéal de relations partenariales équilibrées (Boujou et Ayimpam, 2015, p.3). 

Toutes ces considérations éthiques sont importantes à prendre en compte avant de construire une stratégie de communication pour une organisation de solidarité internationale comme le CSI. En effet, si on n’a pas conscience de ces éléments, on peut à nouveau facilement basculer dans de la communication d’aide humanitaire et le rapport de dominance Nord-Sud qu’elle véhicule malgré elle. 

Enfin, nous avons jugé pertinent de s’attarder sur quelques communications du CSI afin d’analyser si on peut effectivement facilement distinguer qu’il s’inscrit dans une logique de solidarité internationale. 

Les deux publications suivantes témoignent, selon nous, que le CSI a conscience de tous les enjeux que nous venons de développer. Les personnes responsables de la communication n’emploient pas d’images « chocs » afin de partager leurs actions sur les réseaux sociaux. De plus, ils listent les partenaires qui sont au coeur du nouveau projet 16 

présenté dans la publication Facebook. L’accent est donc mis sur une collaboration durable d’égale à égale. 

La publication Instagram, quant à elle, prouve que le CSI s’engage également dans des causes différentes que celles d’aider les pays du Sud. Il participe à l’éducation à la citoyenneté mondiale en organisant des évènements tels que la simulation de l’Assemblée nationale des Nations unies (SAGNU). Cela contribue à créer un « internationalisme solidaire » qui signifie que l’on forme avant tout des citoyens dans le monde, et non d’un pays en particulier (Sondarjee, 2019, p.612). 

En conclusion de cette analyse, on peut retenir que la transition de l’aide humanitaire vers la solidarité internationale est souhaitable pour différentes raisons expliquées ci-dessus. Cependant, il peut être parfois judicieux de communiquer là-dessus étant donné les ressemblances qui existent entre les deux concepts. C’est un enjeu communicationnel auquel le CSI doit faire face, mais il semble déjà le prendre en compte dans ses publications. 

Conclusion

Ce travail nous a permis de mettre en lumière les défis auxquels le Carrefour de Solidarité Internationale (CSI) est confronté dans sa communication pour sa campagne de financement annuelle. Nous avons développé une stratégie globale axée sur les entreprises et leurs employés, dans le but de diversifier les sources de financement et d’accroître la visibilité de l’organisation. 

En identifiant les enjeux de communication spécifiques au CSI, notamment la distinction entre solidarité internationale et aide humanitaire, nous avons souligné l’importance de communiquer de manière adéquate sur les valeurs et les actions de l’organisation. En effet, la création de mèmes qui sont pour la plupart humoristiques a été un défi étant donné que le sujet que nous abordions est assez complexe et que nous devions utiliser le bon vocabulaire et trouvé le juste milieu entre humour et information. 

En ce qui concerne notre choix d’atteindre les entreprises et les employés, nous pensons que si le CSI peut les compter parmi ses collaborateurs. De futurs projets pourront être mis en place. Sur le long terme, on pourrait par exemple imaginer des galas en collaboration avec certaines entreprises. 

En conclusion, ce travail met en évidence l’importance d’une stratégie de communication innovante et éthique pour soutenir les efforts du CSI dans sa mission de solidarité internationale. Notamment à travers notre vidéo qui a permis de mettre l’accent sur la collaboration, la transparence et l’engagement à long terme pour lequel travaille le CSI. Nous espérons que le CSI pourra mettre en place ce nouveau type de collaboration avec les entreprises et ses employés. 

Bibliographie
  • Bouju, J. et Ayimpam, S. (2015). Ethnocentrisme et partenariat : la violence symbolique de l’aide humanitaire. ResearchGate. Les principes fondamentaux de l’aide humanitaire : indépendance, neutralité, humanisme https://www.researchgate.net/publication/290430007_Ethnocentrisme_et_partenariat_la_violence_symbolique_de_l’aide_humanitaire 
  • Camara, F. (2017). Les titres fonciers autour de Bamako : modes d’accès et impacts sur les usages. VertigO, 17(1). https://id.erudit.org/iderudit/1057457ar 
  • Carrefour de solidarité internationale. (https://www.csisher.com/) 
  • Dacheux, E. (1998). (Re) penser la communication humanitaire. In: Communication. Information Médias Théories, 18(2), 116-141. https://doi.org/10.3406/comin.1998.1830 
  • Dequiré, A. (2007). Le monde des étudiants : entre précarité et souffrance. Pensée plurielle, 14, 95-110. https://doi.org/10.3917/pp.014.0095 
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